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Solo / Impro : Rapidité et vitesse, quelques plans

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Cours qui s'adresse à tous ceux qui veulent apprendre les bases du jeu rapide pour les solos.

Prérequis pour ce cours : Aucun
Travailler ce cours : Aucun

Cours pour améliorer sa vitesse de jeu, incluant de nombreux plans détaillés avec des exemples audio.
Le mieux, c'est de commencer par aller chercher les fichiers et de suivre avec l'audio...

Avant-propos

Lorsque l’on parle de jeu en solo et d’improvisation, on en vient assez souvent à parler de la vitesse ; du moins, beaucoup s’interrogent sur le « comment ça marche ? », mais qu’est-ce qu’ils jouent exactement ? Je me suis aussi souvent demandé comment étaient construits ces plans, quels étaient les trucs pour enchaîner des phrases rapides.

Bien sûr, il y a l’aspect technique (l’agilité de la main gauche qui frette les notes sur le manche, la synchronisation entre la main gauche et la main droite, la connaissance du manche) mais pour jouer quoi ? Comment à partir d’une simple gamme majeure (qui ne comporte que 7 notes) faire en sorte de jouer « plein de notes » sans arriver en 2 mesures au bout du bout du manche ? Est-ce qu’il s’agit simplement de gammes jouées à fond les ballons en montant puis en descendant ? Y’a-t-il des positions plus ou moins favorables pour développer la vélocité, etc.

Toutes ces questions existentielles qui préoccupent un jour ou l’autre l’improvisateur qui sommeille en nous.

C’est en pensant à tout ceci que j’ai essayé de réunir quelques plans assez classiques plutôt adaptés au jeu rapide (même si on peut les utiliser en les jouant lentement). L’idée, c’est de comprendre « la mécanique » de ces phrases et sur quoi elles reposent dans leur construction. Pour certaines,on va se rendre compte que c’est presque des maths (ne fuyez pas !), je veux dire par là que c’est souvent une séquence (un motif mélodique, un fragment, une pattern ,on peut lui donner plein de noms) qui va se déplacer sur le manche en respectant l'harmonisation de la gamme.

Donc, vous l’avez compris : si vous êtes plus un song-writer à la Bob Dylan ou un fou de Blues dans le style de B.B. King, vous risquez de vous ennuyer un peu...mais bon, il y a même des plans sur de la penta ! Alors, tout le monde pourra, je l’espère en retirer quelque chose.

Je n’aborderai pas le tapping ou le sweeping qui sont des techniques de jeu bien particulières et qui demandent un travail spécifique. Aujourd’hui, on s’intéressera plus à la manière d’organiser les notes de la gamme.

Tous les exemples de cette « riff-o-thèque » ne sont donc qu’une base à développer : Connaissant ces quelques principes et les ayant compris, il sera plus facile pour chacun de construire ses propres plans. Mais, y’en a un beaucoup qui sont directement utilisables…..(je sais qu’il y a des gens qui aiment le « déjà tout prêt »)

Je vais aussi rappeler une évidence : le jeu rapide demande du travail, beaucoup de travail…(en plus de l’entraînement habituel ; sinon, c’est pas marrant !)
Une fois les mouvements mémorisés, c’est de la technique pure pour acquérir la vitesse. Il n'y a donc pas de secrets : pour atteindre des tempos élevés, il faudra les répéter des dizaines et des dizaines de fois...

Si vous décidez d’axer votre jeu sur la vitesse, vous êtes prévenus !
Après, c’est à chacun de décider si ça mérite de suer sur le manche pour atteindre des vitesses supersoniques.

Dernière précision : le travail au métronome est plus que conseillé (en fait, c’est indispensable pour progresser). Il y’a plusieurs raisons à cela : dans les exemples, certaines séquences peuvent être travaillées en boucle et, que ce soit au niveau du débit rythmique du médiator, de la cohésion main gauche/main droite ou de la dextérité des doigts de la main gauche rien ne vaut la sanction du métronome pour vérifier que l’on est « carré » et bien dans le tempo. Certains plans peuvent aussi être utilisés de plusieurs manières et sonner différemment en décalant les accents rythmiques, en ajoutant/enlevant une note. Et pour la mise en place, c’est beaucoup plus simple de bosser avec un métronome. D'une façon plus pragmatique cela va nous permettre de juger des progrès effectués.

Au début, on passera difficilement un plan à 70bpm, et puis après deux ou trois semaines d’entraînement, on sera à l’aise à 100bpm. On peut tenir un tableau de bord pour suivre la progression : c’est très motivant (et parfois décourageant aussi).

Pour illustrer tout ça, je vous ai préparé plusieurs fichiers regroupés dans un dossier archive ( .rar). Le lien est au début du cours pour ceux qui l'auraient manqué...

Vous y trouverez :

  • Une piste audio, les exemples sont souvent joués 2 fois : une fois lentement, une fois plus rapide pour avoir une idée du rendu….
  • Les tablatures en format PDF et en format Guitar Pro (c’est le même) ; je l’ai fait sur GP5, donc ca peut être lu avec TuxGuitar.


NB : Tous les exemples de la tablature ne sont pas forcément en audio (quelques petites variations entre autres)

Bon, on va décomposer tout ça en plusieurs chapitres pour essayer d’être plus clair…

Un principe fondateur : les gammes brisées

Le concept, c’est de jouer une séquence donnée (un fragment de gamme, un motif mélodique) et de la répéter sur chaque degré de la gamme (de manière diatonique, c'est à dire avec les notes appartenant à la gamme en question) en montant ou en descendant.

Pour prendre une image : c’est un peu comme si vous faisiez un petit pas de danse (le motif mélodique) sur une marche d’un escalier, puis que vous montiez sur la marche suivante pour refaire votre petit pas, etc. On peut décider de grimper une marche sur deux, de redescendre d’un niveau avant d’en monter deux...

C’est un système qui n’a pas vraiment de limites (à part votre imagination) ; après, comme ça reste de la musique, y’a des « formules » qui sont plus jolies, plus mélodiques que d’autres. Voyons quelques exemples :

Montée de gamme

Pour le début, on est sur un fragment basique : en do majeur, la séquence est une montée de gamme linéaire (les 3 notes se suivent dans la gamme) et on monte (ou descend) sur chaque degré (en gras) avec un débit en triolet.

Voici la logique du plan :

  • Ascendant : do ré mi / mi fa / mi fa sol (ex.1)

ou

  • Descendant : do si la / si la sol/ la sol fa

Plans

  • Ex1 (audio : 00.00 / 00.21 ; GP mes.1)
    Joué sur une seule corde, on démanche à chaque fois.
  • Ex 1.2 (audio : 00.22 / 00.52 ; GP mes. 1)
    C’est toujours joué sur une corde mais en légato avec des slides. Ene fois la mécanique du plan comprise, on peut se balader sur toute la corde, aller vers les aigues, revenir en arrière, repartir, etc. A l’écoute, on se rend compte qu’on a tous entendu ça à peu près 3 millions de fois...
  • Ex 2 (audio : 00.56 / 01.16 ; GP mes. 9)
    Une variante de l’exemple 1 (on continue de monter de degré en degré sur la gamme mais, cette fois la séquence est une ligne mélodique descendante) : do si la / do si / mi ré do

Ce concept peut être détourné/ transformé de plein de manières avec des séquences plus ou moins longues, plus ou moins élaborées. On peut par exemple décider de monter les degrés par intervalle de tierce. C’est l’inspiration et la créativité de chacun qui va faire que ca peut sonner très mécanique ou très musical.

On peut aussi adapter ce système de gamme brisée sur de la penta (Oh chouette !), cela permet de booster un peu les impros Blues.

Voici 4 idées (avec un débit ternaire, en triolet) sur une penta mineure de La :

  • Ex 3.1, 3.2, 3.3 et 4 (audio : 01.17 /03.08 ; GP mes.12 jusqu’à 29)

On peut prendre aussi des intervalles : le mouvement en tierces est très souvent utilisé (et fonctionne parfaitement en jeu rapide).

Le principe : do mi (tierce de do) / fa (tierce de ré)/ mi sol (tierce de...) / fa la /...

Pour reprendre l’image de « l’escalier » c’est comme si, à partir de la première marche, on sautait directement sur la troisième, qu’on redescendait sur la deuxième pour à nouveau monter de deux, etc.

Les exemples 5 et 5bis sont assez similaires (basés tous les deux sur des intervalles de tierce), il y a juste une petite finesse qui fait qu’ils ne sonnent pas tout à fait pareil : la différence de rendu est liée au premier intervalle de la séquence :
 

  • Ex 5 (audio :03.09 / 03.35 ; GP mes. 30)
    Commence par un intervalle de tierce ascendante (do mi), pour le 5bis,on a une seconde descendante (do si). Un détail, mais qui change la perception du plan
  • Ex 6 (audio : 03.36 / 04.05 ; GP mes. 35)
    Toujours des intervalles de tierces mais en descente
  • Ex 5bis (audio : 04.06/ 04.42 ; GP mes. 41)
    Joué une fois lentement (en croches) puis plus rapidement (en doubles croches) et enfin, avec un débit ternaire (en triolet).Là encore, c’est un petit rien : les notes sont exactement les mêmes mais le changement de débit rythmique binaire / ternaire bouleverse le rendu général du plan. C’est pour bosser ce genre de nuances que le métronome est indispensable.

On peut explorer avec d’autres intervalles : quarte, quinte, sixte... ou cumuler plusieurs intervalles.

  • Ex 7 (audio : 04.43 / 05.08 ; GP mes.47)
    Il est d’inspiration « musique classique ». On va reprendre l’idée de la gamme brisée du début mais ici, la séquence comporte 4 notes avec une première note plus aigue en appui. (le plan en question, dès qu’on accélère un peu, est assez ardu au niveau main droite, du fait des changements de cordes, si le motif mélodique vous plaît, n’hésitez pas à le transposer sur une seule corde). Une séquence très souvent utilisée par Malmsteen (je crois même qu’on la retrouve systématiquement dans tous ses solos…)
  • Ex 8.1 (audio : 05.09 / 05.46 ; GP mes. 54)
    Séquence de 4 notes consécutives en descente (je l’aime bien celui-là) à l’écoute, on a l’impression d’une cascade ininterrompue. Une sonorité bien Rock, mais ce plan peut s’utiliser à peu près partout. C’est joué sur un accord D7, donc plan en Ré Mixolydien (ou Sol majeur).
  • Ex 8.2 (audio :05.47 / 06.08 ; GP mes. 61)
    Un plan très court (mais la descente peut être rallongée, c’est pour l’exemple) avec une petite astuce rythmique: c’est le même plan que le 8, avec juste une note rajoutée au début ! L’accent se retrouve ainsi décalé.
  • Suivent, 2 plans sur de la penta,débit binaire cette fois(audio : 06.11 / 07.02 ; GP mes. 68)
     

Le Légato

Le légato est une technique où on ne joue pas toutes les notes avec le médiator (par opposition à « l’aller-retour strict » ). On va même essayer de laisser jouer au maximum les doigts qui sont sur le manche avec des séries de hammers et pull-off, sans intervenir avec le médiator (sauf lorsque c’est vraiment nécessaire).

Pour les exemples à suivre, quelques mouvements de base sont nécessaires : les roulés et demi-roulés (audio : 07.03 / 07.36 ; GP mes. 76). Ces patterns sont à bosser avec différentes combinaisons de doigts (1,2,4 ou 1,3,4 ou 1,2,4 avec 2 cases entre 1 et 2). On va dire que vous connaissez déjà ces mouvements (qui, en passant, sont de très bons déliateurs à l’échauffement)

  • Ex 9.1 (audio : 07.40 / 08.01 ; GP mes. 81)
    Démontre l’efficacité redoutable du légato. Basiquement, ce n’est qu’une montée de gamme majeure groupée par séquences de 4 cordes pour bien coller au rythme, avec un glissé pour connecter le changement de positions/directions. C’est la fluidité du mouvement qui crée l’intérêt de ce plan. A noter qu’à la fin, on revient à la note de départ (donc, ce plan peut se travailler en boucle).
  • Ex 9.2 (audio : 08.02 / 08.25 ; GP mes. 85)
    C’est une variation sur seulement les deux cordes aigues .
  • Ex 9.3 (audio : 08.26 / 08.46 ; GP mes. 89)
    Celui-là est je pense un peu plus facile puisqu’il n’y a qu’une montée. On double sur chaque corde des demi-roulés pour jouer 6 notes par temps.
  • Ex 11.1 (audio : 08.47 / 09.10 ; GP mes. 98)
    Une variation à partir de l’exemple précédent en La mineur cette fois. Dans la construction de ce genre de plan, on utilise quelques changements de positions, des mouvements « half-roll » parfois doublés ; l’idée c’est d’accentuer certains temps...ou pas.
  • Ex 11.2 (audio : 09.12 / 09.32 ; GP mes. 102)
    Une autre variation en La Mixolydien


N.B. : Même si vous ne lisez pas la musique, il peut être amusant et intéressant de regarder les partitions (la partie solfège, pas tablature) pour voir les mouvements graphiques des notes, ça fait comme « des vagues » qui montent et qui descendent.
 

  • Ex 12.1 (audio : 09.42 / 10.08 ; GP mes. 106 )
    Sur un accord EM7/9, une phrase en E lydien dans le style de Steve Vaï. Le plan de base comporte 8 notes en double-croches (donc 2 temps) et il y a une connexion à chaque fois grâce à un slide. Pour les changements de corde, la première note jouée (notée H sur la partoche) est un « hammer from nowhere » : la note sonne juste avec la force de la pression du doigt (hammer) sans qu’il n’y ait eu de note jouée avant…
  • Ex 12.2 (audio : 10.09/ 10.37. ; GP mes. 109)
    Presque le même au niveau de la pattern (l’enchaînement de hammer/pull-off), il y a simplement une petite modification rythmique dans la manière de démarrer pour que le temps tombe sur la 3ème note de la séquence. Je l’ai juste rajouté pour montrer qu’on peut, en modifiant 2 ou 3 petites choses trouver plein de variations à partir d’un plan donné : ici, l’accent sur le premier temps et le sens des slides (et la tonalité, of course).
  • Ex 13 (audio : 10.40 /11.06 ; GP mes. 114)
    Toujours des roulés et des slides pour connecter les positions, mais plus dans l’esprit de Satriani. J’aime beaucoup la fluidité de son jeu légato. Cest écrit très « carré » avec des mouvements qui tombent « sur le temps » (attention à l’enchaînement de pull-offs en fin de mesure 111 : bien garder le tempo !).
    Satriani n’est pas toujours aussi « strict » dans la mesure, il utilise aussi des metriques assez bizarres (des séquences de 5, 7, 9 notes sur un temps) ; il s’intéresse surtout aux notes qu’il veut mettre en valeur et brode autour avec du légato : ses notes cibles sont souvent les « chord-tones » (les notes de l’accord d’accompagnement) et quelques enrichissements :il aime beaucoup la 9ème sur les accords m7.
    Autre détail : il aime bien utiliser le registre le plus grave de la guitare (dans les premières cases sur les cordes mi et la... Attention aux écarts de doigts !)
  • Ex 14 (audio : 11.07 /11.26 ; GP mes. 119)
    Un plan à la Van Halen sur un Back-track style ZZ Top. En fait, c’est à peu près le début du solo de « I’m the one » (album « Van Halen I »). On retrouve du légato avec bcp de « hammer from nowhere ».
  • Ex 15 et 16 (audio : 11.27 /12.39 ; GP mes.124)
    2 exemples avec des metriques un peu bizarres (5 et 7 notes par temps). Pas évident à bosser (surtout au ralenti) mais le rendu peut-être intéressant parce que justement, ça crée des décalages et brise la monotonie des débits en double-croches ou sextolets...

NB : Sur les partoches, on rencontre parfois un groupe de 7 notes ou un groupe de 9 isolé au milieu d’une mesure, mais c’est souvent lié aux sauts de corde, ou à un « tic » physique du guitariste. Comme je disais plus haut, dans les solos de Satriani, on en rencontre régulièrement. A décortiquer temps par temps c’est une galère mais faut prendre le mouvement de la phrase dans son entier. Le plan passe généralement sans qu’on se rende compte qu’au milieu, y’avait un groupements de notes improbables.

De la même façon, en cherchant vos propres plans, faut pas chercher à obtenir toujours des découpages « carrés » ou symétriques. Si la phrase a du sens et qu’elle sonne bien : gardez là !
 

Séquences

Vous l'avez compris, dans le jeu rapide, il y a souvent des répétitions. Des motifs mélodiques qu’on transpose, des doigtés main gauche qui se déplacent d’une corde à l’autre, etc.
 

  • Ex 17 (audio : 12.40 /13.07 ; GP mes. 130)
    Un plan sympathique qui utilise une séquence de19 notes ! le schéma de la position main gauche est ensuite répété dans la continuité de la gamme (ici Mi mineur). En fait, on se focalise sur le débit en double-croches tout du long, les accents ne tombent donc jamais au même endroit. On a pas la sensation de « répétition » mais y’a bien une séquence jouée 3 fois.
  • Ex 18 (audio : 13.08/13.38 ; GP mes ;135)
    Ici, on est en Do majeur : la séquence démarre sur la tonique (do), puis est répétée sur la quinte (sol)…et l’ensemble est rejoué à l’octave.
  • Ex 19 (audio : 13.39 ; GP mes ; 141)
    Pour finir, un plan pour bosser de l’aller-retour à la John Petrucci (c’est tiré de « Rock Discipline »).

Voilà les amis, vous n’avez plus qu’à … !

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